Entre l'époque où les dragons ont envahi BWL, et le retour d'Aile de mort,
il y eut une période de l'histoire fort peu connue.
En ce temps vécut Khorkan, destiné à porter la culotte glaciaire d'Arthas sur un séant troublé.
Et c'est moi, son chroniqueur, qui seul peut vous raconter son épopée
laissez moi vous narrer ces jours de grandes aventures...
Photo by Mia Khorkan le BambinLoin à l'intérieur de la Cimmérie, au fin fond des citées naines des montagnes rocheuses du caillou de la terre naquit Khorkan, ou Khorky, comme l'appelèrent rapidement ses petites camarades de jeu de son cours de forge runique. Enclume, sueur et marteau étaient en ce temps là, en Cimmérie, les seuls vrais amis qu'un vrai nain pouvait espérer avoir, tant sa patrie était besogneuse, prompte à la tâche, et, il faut bien le dire, un peu raz du front. Nan, en fait, ça, il vaut mieux pas le dire.
Mais Khorkan, lui, trainait un lourd secret sous sa barbiche naissante, une passion dévorante qui au grand malheur de ses parents l'amènerait pourtant à parcourir le monde, vivant mille aventures, défiant mille adversaires pour enfin connaître la gloire. Car, au milieu des mâles efforts de ses contemporains creuseurs de trous, en plein dans la sueur testostéronée d'un effort musculeux, Khorkan, lui, voulait devenir … Danseur Etoile! Alors que ses mains s'affairaient à marquer la pierre de coups redoublés, son esprit s'envolait vers les cabarets enfumés de la lointaine Stormwind où paradaient, graciles et aériens, des elfes aux tenues chatoyantes.
Mais voilà, un nain danseur étoile... quelle idée ! Le dos vouté par le poids indigné de générations de gratteurs de roche, il ne pût que se résigner à choisir la voie médiane entre son rêve de strass et de paillettes et sa lourde réalité génétique. Il allait devenir paladin.
Khorkan le PaladinQuelques années et douloureuses séances d'épilation plus tard, notre héros, destiné à devenir un jour un gros rat de l'opéra, venait de finir sa déformation de paladin, teintant ainsi sa grisaille généalogique, ainsi que son armure préférée, d'une touche de dentelle rose pastel des plus agréables. « On peut poutrer du gobelin et rester féminine » disait sa petite gravure faite main sur sa chope favorite. C'est surement ce qui attira l'attention d'un congénère de passage, fervent adepte des nuits stormwindienne s'il en est, la Grande Lulu elle même. En vieux paladin qui s'y connaît, ce dernier lui tint à peu près ce discours, la voix tremblotante sous l'effet de souvenirs turgescents. C'est à peine si l'on n'entendit pas quelques Boom Boom Pow dans son flot de paroles.
« Tu vois, fils, si tu veux réussir ta carrière, il va te falloir des habits de scènes époustouflants, luminescents, virevoltants. Je ne vois qu'un endroit où tu peux récupérer de tels oripeaux. L'un de nos anciens confrères s'est retiré de la scène disco avec ses danseuses, après un dernier télé-crochet désastreux. Certains prétendent même que son partenaire d'alors souffre encore de ça aujourd'hui. Bref, mon p'tit gars, tu as besoin de sa grande tenue de scène, si tu veux vraiment monter sur les planches de la night. Tu crois que tu es prêt ? Car si t'es prêt, j'ai bien quelques amis qui vont traîner dans ce coin là quelques fois, les Andraste People qu'on s'appelle ».
Khorkan le Dancing QueerEn plein dans les profondeurs glacées d'ICC, ils firent une pause. La troupe reprenant son souffle après les premières danses buboniques. Chacun remettait de l'ordre dans sa tenue en vue des battles à venir à faire frémir une High School Musical sous acide. Dans un coin les officiers et les émissaires passaient les ordres en revue, afin que ce soir, le nouveau venu puisse enfin s'exhiber dans la tenue complète de Disco Stu. Dans son costume de policier flambant neuf, le leader du soir fixa l'ordre des choses. En premier, nous viserons la chemise de soie rouge de la reine du bal, puis, le boa bleu à paillettes de la mascotte, et enfin, pour finir, la fameuse culotte glaciaire à pattes d'Elekk d'Arthas lui même.
Sur le chemin de la piste de danse de la reine, ils remarquèrent à peine ce vieux trio mort vivant, petit Boy's band qui aurait mieux fait de vraiment partir un jour, sans retour, oublier leurs amours.... Et c'est d'un déjà fameux entrechat que le petit Khorky prît la tête du groupe, devant les yeux éberlués d'une futur ex-star de la nuit travoltesque.
Lovée dans son fauteuil en rotin, la Dame nous regardait d'un petit air goguenard, remarquant sans doute déjà que certains d'entre nous n'étaient pas des flèches en combat de danse. Grande, talons hauts et maquillage outrancier, ces attributs de Drag queen n'étant pas sans semer le trouble dans notre première ligne de paladins, la Reine du soir ouvrit le bal. Quelques mouvements bien placés, tours de hanches et autres routines bien connues nous forcèrent parfois à former des groupes e trois pour lui opposer notre chorégraphie particulière. Elle avait pourtant mis la barre très haut, avec son passage suspendue dans les airs, c'est l'avantage de recevoir à domicile, c'est sur. Mais l'improvisation, ça nous connaît, enfin, surtout quand il a fallu repérer les p'tits gars de chez nous convertis à ses pas de danse, les traîtres ! Enfin, notre quart d'Abba en devenir put revêtir la chemise encore sanglante de la Reine.
Et il faut bien le dire, il avait une classe folle là dedans.
Khorkan la Folle du désertIl lui manquait encore l'accessoire de cou qui sépare le vil transformiste d'une authentique star de la nuit purement décadente, le Boa à plume, ou à écailles en fait. Nous restait donc plus qu'à trouver le placard où trouver ce truc. Vu qu'il ne nous restait qu'un vieux recoin sombre et pas chauffé où chercher, on est vite parvenu à l'idée brillante qu'il faudrait sans doute passer par là. C'est donc en cherchant le visqueux accessoire qu'on est un peu tombé sur une scène tragique, où une sorte de Patrickk Hernandez décharné se débattait face à une meute de jeunes danseurs de hip hop en top forme. Saloperie de jeunes, ça respecte même plus les grands anciens. Valithria, Born to be a larve, se présentât elle une fois les inopportuns écartés, avant de nous livrer certaines infos des plus précieuses. Si Arthas était devenu une telle star à son époque, d'accord c'était un peu parce qu'il avait la classe et une tenue du tonnerre, mais aussi grâce à son Boa vivant, qui donnait faussement l'impression de faussement donner l'impression d'être comme vivant. Enfin, bref, on ne cherchait plus simplement un vêtement, mais il allait nous falloir dompter le bazar.
Diverses stratégies s'offraient à nous. Déguiser Khorkan pour le faire passer pour Arthas s'avéra l'une des plus mauvaises. Sûrement la barbe, ou l'odeur de bière rance, allez savoir. Le petit Bloody se souvient sans doute encore de celle où il aura tenté de dompter la chose, sous le regard d'une troupe bien en arrière, l'observant d'un œil curieux, à l'abri. Son chef de classe, arborant fièrement sa tenue de chef indien nous tint alors à peu près ce langage : « Ma foi, si son grammage se rapporte un tant soit peu à son grand âge, il va falloir envoyer du lourd. C'est un peu comme dresser un chiot à coups de journal. Un chiot de trois tonnes volant qui vomirait de l'hydrogène liquide, c'est tout. »
Nous jetterons un voile pudique sur les tentatives qui suivirent, voulant garder un semblant de crédibilité, mais sachez qu'aucun ne sortît le séant intact de ces confrontations titanesques. Engelures et Mr Freeze furent notre lot quotidien avant que le grand Boa ne cède, et ne vienne à bout de forces se lover autour du cou poilu de notre chère mascotte.
Faut bien le dire, il avait une classe folle comme ça.
Khorkan SuperstarAyant finalement fait nos preuves parmi la basse populace s'entassant dans cette boite réputée, on vit s'ouvrir devant nos petits pas l'inaccessible carré VIP, la terrasse privée où, seul, l'ancien maître sirotait un long drink bien glacé. D'un air amusé, il jaugea notre troupe dégingandée venue lui offrir son dernier challenge à Dance Dance Revolution. Enfin, dernier peut être pas, il allait nous falloir quelques ajustements. Faut dire, on s'était un peu laissé avoir par sa descente d'escaliers phénoménale, tout en escarpins grand luxe, et sa fichue culotte glaciaire qui captiva Khorkan au point de lui faire oublier de combattre. Sans parler des gens si troublés qu'il disparaissaient sans laisser de traces. Allez, un bon déco, et ça repart.
Le grand danseur solitaire...Tu parles d'une pub trompeuse. On pensait tomber sur un ermite, et on a vu débarquer la troupe du Bolchoï au grand complet, accessoires et effets spéciaux compris. Des danseurs qui sortaient de nulle part, attifés comme certains d'entre nous, pour tromper les juges sans doute, des danseuses accrochées au plafond qui balançaient l'un ou l'autre jusqu'au rez de chaussée (et ceux là pourraient vous dire que la terrasse est assez haute). Mais, ce qui a failli avoir raison de notre motivation, c'est surtout le vieux coup du stroboscope dans les yeux d'un gars au hasard, tellement aveuglé qu'il nous voyait même plus. Ca et la machine à fumée qui masquait de viles petites créatures prêtes à nous ridiculiser. Un vrai meurtre sur le dance floor, pour tout dire.
Heureusement pour nous, les juges veillaient au grain, et l'un d'entre eux, surtout, voyant qu'on se débattait plutôt bien face aux tricheries et autres artifices trancha en notre faveur. C'était juste, mais on était passé. Contraint à l'affrontement sans amis ou effets de scène, le grand Arthas tomba finalement sous nos derniers assauts dansants, mais néanmoins viriles, hein, faut pas déconner quand même.
Ha, quelle joie dans les yeux de notre cher paladin quand il enfila la culotte encore chaude de feu Arthas. Le fondement brillant comme un diamant, le torse velu recouvert de la chemise de sang et le boa volant distraitement autour de son cou au port altier, il en jetait, c'est sur, et allait faire un malheur dans les boites interlopes de Stormwind.
Je l'ai toujours dit, de toute façon, qu'il faisait partie d'une classe un peu fofolle..
On se retrouve après la fin du monde...